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24/04/2017

Le coucou gris

Il nous revient d'Afrique tropicale, il est présent sur le Causse du Larzac. Son chant qui porte loin, peut s'entendre depuis Navacelles s'il est émis tout près des gorges...

Dans la plaine de St Maurice, et en lisière de bois couvrant vallons et reliefs avoisinants (chênes verts, chênes pubescents, érables de Montpellier...), plusieurs coucous chantaient, à distances respectable l'un de l'autre. J'écoutais les divers chants, et herborisais dans le même temps ...

Et bientôt le comportement de l'un d'eux attire mon attention. Manifestement excité par la présence d'un autre oiseau -est-ce un mâle ou une femelle ?- un coucou se met à décrire un très grand cercle, plusieurs fois de suite, d'un vol vif et rapide en fouettant l'air; je peux entendre les frottements de l'air mêlés aux cris émis par l'oiseau lorsqu'il passe près de moi. S'arrêtant, quelques brefs instant en divers endroits de son parcours, il émet un cou-cou sonore et reprend son vol endiablé ! Fait-il ainsi le tour de son territoire pour le présenter à une femelle, ou pour le défendre de l'intrusion d'un autre mâle, je ne saurais le dire ?

Le deuxième coucou provoque la rencontre par endroits, et les deux oiseaux se confrontent émettant des cris brefs et rauques pour certains, prolongés pour d'autres... Puis ils s'éloignent, hors de ma vue...

Et les chants reprennent, dans la campagne proche et lointaine: Coucou, coucou, coucoucou ... Qu'est-il advenu des deux belligérants -ou amoureux ? Parade nuptiale ou défense du territoire ? il m'est difficile de trancher j'observe ce comportement pour la première fois, et n'ai pas assez d'éléments pour le faire ...

 

NB: le coucou gris se nourrit et de leurs larves, et particulièrement de chenilles velues délaissées par d'autres oiseaux insectivores. Mange-t-il la chenille processionnaire du pin qui fait bien des dégâts dans notre région ? On peut lui pardonner alors de parasiter le nid d'autres oiseaux, souvent bien plus petit que lui, comme les fauvettes ... dans lequel il pond un oeuf, après avoir évacué les oeufs de l'hôte, et lui confiant le soin d'élever sa progéniture.

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chenille processionnaires sur un pied d'asphodèle

Extrait de "Journal Nature 2017" de Joëlle Jourdan

14/04/2017

Rossignol philomèle

Sortie tardive ce matin, à 9h... à Navacelles

Envie d'être près de l'eau, de me laisser porter par les sons, et les images que la rivière offre généreusement ! Mais je ferai un détour par les pentes caillouteuses aujourd'hui.

Oh ! Surprise ! C'est le chant du rossignol philomèle qui s'élève des fourrés au-dessus du chemin ! Le voilà revenu de la lointaine Afrique... Le paysage sonore change lorsque le rossignol s'est installé, son chant puissant masque d'autres chants plus ténus comme celui de la mésange bleue. Et c'est un chanteur infatigable, jour et nuit sa mélodie réjouit nos oreilles... Dans un arbuste, plus près de moi, chante une fauvette grisette, son gazouillis continue révèle sa présence, ici et sur le plateau, mais elle reste discrète. Comme le rossignol elle revient d'Afrique

Sur le talus, en contrebas de la route je découvre la tulipe australe en fleurs. Quelques pieds, au milieu des cailloux, que l'on retrouve chaque année à ce même endroit malgré l'instabilité et la fragilité du milieu !

Je descends à présent vers la rivière pour la longer vers l'aval, un chemin qui m'est bien familier. Dans les herbages, un orchis pourpre en boutons... Je me faufile par un passage de pécheur et me voilà tout près de l'eau. Oh ! un écureuil vient de bondir d'une branche vers le tronc voisin auquel il s'agrippe de ses quatre pattes écartées. Il s'immobilise ainsi quelques instants le temps d'évaluer le danger que je représente, puis s'élance, agile et gracieux, remonte le tronc et profite d'une branche qui s'étire au-dessus de la rivière pour passer sur l'autre rive ! Il n'est pas question de flâner à cette saison, il y a tant de choses à faire ! Cette vision de l'écureuil dans son bel habit flamboyant (se faire beau au printemps est une nécessité pour courtiser les belles) me ravit !

Envie de vagabonder ce matin ! Je visite d'autres passages qui mènent à chaque fois du chemin au bord de l'eau et je découvre la rivière sous d'autres angles de vue. Un tunnel de verdure ondoyante ! Ici le chant du troglodyte mignon, depuis un branche haut perché -le nid du troglodyte est-il dissimulé entre les racines de cet arbre ou d'une anfractuosité de ce rocher ?- et là celui du pinson des arbres. La mésange charbonnière, la fauvette à tête noire chantent aussi par intermittence; il est un peu tard, le concert matinal est terminé pour aujourd'hui !

C'est le hêtre, aujourd'hui, qui brûle de mille feux dans le contrejour. Sur les branches basses un jeune feuillage vert tendre s'est épanoui, et dans le haut de l'arbre les bourgeons entrouverts, libérant tout juste les feuilles, scintillent comme des perles ...

Mais pourquoi le hêtre ne "chante-t-il pas" ?! Pas de trou dans son tronc, comme dans celui du peuplier blanc voisin, pour abriter le nid du pic épeiche ou, plus tard, celui de la mésange charbonnière, ou de la sitelle torchepot ! Et pas de branchages accueillants pour le pinson des arbres ? Sur son sol dégagé, l'absence de litière et de buissons ne permet pas au rouge gorge familier d'y trouver refuge, ni, encore moins, au rossignol philomèle ! Une question me vient à l'esprit: les hêtraies seraient-elles silencieuses à l'image de leurs rares représentants ici à Navacelles ?! Voici donc un but pour une prochaine balade !

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 Le hêtre ici, campé sur de puissantes racines que les crues successives ont dégagé en partie, même silencieux, rayonne de vitalité -A chaque printemps les arbres vivent une nouvelle jeunesse nous disent les scientifiques (cf Francis Hallé)

Et il n'ignore pas que rien n'est acquis, rien n'est définitif, que tout passe, les jours, les saisons et les êtres.

 

Extrait de "Journal Nature 2017" de Joëlle Jourdan

 

Luscinia megarhynchos, rossignol philomèle

Sylvia communis, fauvette grisette

Troglodytes troglodytes, troglodyte mignon

Tulipa sylvestris,  tulipe australe

Anacamptis pyramidalis, orchis pyramidal

 

 

30/03/2017

Le concert du printemps 2017

Sur le sentier qui longe la rivière, et sous le couvert de la végétation en pleine effervescence !

 

Les mésanges charbonnières, mésanges bleues, mésanges à longue queue, le rouge gorge familier, le troglodyte mignon, le pinson des arbres,

mais aussi le pouillot véloce et la fauvette à tête noire, ils sont tous là ceux qui ont survécu à l'hiver, et ceux qui ont rejoint nos latitudes assez tôt dans la saison

et ils chantent dans les arbres ou les fourrés; dans l'épaisseur d'un feuillage persistant ou sur les hautes branches d'une arbre encore dénudé dont les bourgeons viennent de libérer un bouquet de jeunes feuilles vert tendre.

Se joindront à eux tous ceux qui nous reviennent de l'autre côté de la Méditerranée. Dans les pentes, la fauvette passerinette dont le chant se mêlera à celui de la fauvette pitchou, l'engoulevent d'Europe, et dans les fourrés du bord de l'eau, le rossignol philomèle.

 

Une belle lumière ce matin, au-dessus de la rivière et sur sa plage de galets. Le chant cristallin d'une fauvette à tête noire retient mon attention, je la cherche des yeux dans les branchages d'un tilleul, et dans le contre-jour, m'apparaissent alors mille flammèches suspendues aux rameaux. Je reste longtemps dans cette immobilité silencieuse et contemplative, et je deviens tour à tour fauvette, arbre dressé, ramure ciselée comme une oeuvre d'orfèvre, flammes dansant dans la lumière. Mes yeux s'agrandissent et s'abreuvent à cette lumière !

 

Nous allons si souvent, sur les chemins -et dans nos vies- trop vite, et sans voir toute cette beauté !

 

 

08/08/2016

Promenade nature

La bergeronnette des ruisseaux

Elle a quitté le nid depuis peu. Son vol encore maladroit soumis aux caprices du vent l'a déposée sur cette plagette de galets au bord de la rivière, qu'elle arpente maintenant.

Son plumage en nuances de gris, d'ocres et de blanc la dissimule. Immobile et me faisant face dans la lumière matinale, elle pourrait se confondre avec l'un des galets clairs et arrondis. Sa queue qu'elle hoche fréquemment semble alors une brindille agitée par le vent...

Active à nouveau, elle furète entre les pierres, y débusque les petits insectes.

Tout près de là, un adulte veille (mâle ou femelle je ne peux le voir); et chasse dans le même temps depuis une branche basse. Quelques vols suspendus au ras de l'eau pour capturer des insectes, puis un temps sur son perchoir au soleil à s'ébrouer et sécher son plumage.

Devant moi la rivière cascade sur ses galets. J'aime sa musique, l'écoute longuement. Au loin la rivière est miroir de verdure: verts, bruns et jaunes s'y mêlent en images frissonnantes.

Un chant de fauvette à tête noire s'élève. Notes pures, mélodie fluide et cristalline comme la rivière.

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Extrait de "Journal Nature 2016 de Joëlle Jourdan"

NB: la bergeronnette des ruisseaux a un manteau et un dos gris, des ailes brunes et noires, un ventre jaune. Le mâle nuptial a une gorge noire et un ventre jaune vif. La femelle a les côtés du ventre et la gorge blanchâtres. Extrait de "Les oiseaux d'Europe" de Lars Jonsson

 

 

 

21/04/2016

Simple témoin

Le long de la rivière, à Navacelles ...

Troglodyte mignon, rouge gorge familier, fauvette à tête noire, ils chantent et signifient ainsi leur présence au monde. Quelle est ma façon d'être au monde ?

Chemin en sous-bois parsemé de fleurs printanières, je longe la rivière. Les pulmonaires officinales s'épanouissent à présent, ainsi que les anémones sylvie. Les chants des oiseaux, qui se mêlent ou se répondent, semblent un peu mélancoliques dans la grisaille silencieuse de ce matin - ciel laiteux et feuillages immobiles. J'avance, discrète, sur la terre souple du chemin.

Je m'éloigne du chant, sonore, du troglodyte mignon, et me laisse ravir par celui, mélodieux, de la fauvette à tête noire. Je m'arrête quelques instants, m'immerge dans ce chant aux notes limpides. Plus loin un rouge gorge familier me ravit à son tour. Sur la rivière, un martin pêcheur quitte son perchoir à mon approche, puis un cincle plongeur remonte le courant ...

M'apparaissent alors, presque simultanément et comme une évidence, le vide d'une vie - ma vie- son insignifiance, et le plein de La VIE, son foisonnement. M'ouvrir à la joie d'Etre simple témoin, passeur de cette richesse.

 

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Extrait de "Journal Nature 2016" de Joëlle Jourdan