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01/03/2018

Chamaillerie

Une bonne couche de belle neige a recouvert le paysage ce mercredi 28 février...

Sur le rebord de ma fenêtre, au poste de nourrissage, se retrouvent les mésanges bleues et charbonnières, le chardonneret élégant, le pinson des arbres, le tarin des aulnes en grand nombre. Mais la cohabitation n'est pas facile même si la nourriture (graines de tournesol) y est abondante.

Le chardonneret est très belliqueux et ne tolère la présence d'aucun autre oiseau sur la place qu'il occupe. Le tarin des aulnes, en l'absence du chardonneret, s'arroge le droit de repousser les mésanges, et n'hésite pas à se quereller avec un congénère. On se chamaille donc !

IMG_20180301_121411895.jpg mais comme les graines sont déposées en plusieurs endroits, jardinière suspendue, et divers pots de fleurs, tout ce petit monde finit par en chaparder quelques unes, à chaque passage, pour les décortiquer sur place -ce que font volontiers les mésanges- ou les emporter sur une branche du noyer voisin.

Au moindre bruit, ou mouvement, c'est la dispersion généralisée !

 

Avec la neige, nous retrouvons une âme d'enfant, et sa capacité à s'émerveiller de petits riens...

 

Extrait de "Journal Nature 2018" de Joëlle Jourdan

02/02/2018

Crépuscule

Retour de balade sur le sentier en lacets qui plonge vers le Cirque de Navacelles

Paysage monochrome, en nuances de gris. La lumière qui sourd du ciel à l'ouest éclaire le chemin.

Au détour du sentier, envol de perdrix. S'étaient-elles installées à l'abri pour la nuit ? Puis s'élevant des hautes falaises ourlant les gorges, le chant grave du Grand Duc d'Europe. Je m'arrête pour l'écouter.

Tout en bas, près de la rivière, le merle noir semble lui répondre, égrenant ses notes flûtées.

Je retrouve le village juste avant la nuit. Tout est silencieux à présent.

 

Extrait de "Journal Nature 2018" de Joëlle Jourdan

17/01/2018

Petit matin

Les jours s'allongent doucement ...

Malgré le froid, les oiseaux commencent à s'agiter dans les frondaisons. Les premiers chants, ceux de la mésange charbonnière, sur deux notes à cette saison tipu-tipu ...

Quelques bribes du gazouillis d'un cincle plongeur au bord de la rivière. Quelques cris d'un crapaud.

La nature s'anime ...

Près de l'eau les chatons des aulnes et des noisetiers, et les bourgeons des saules et des peupliers se parent de couleurs, prémices du printemps ?

 

 Extrait de "Journal Nature 2018" de Joëlle Jourdan

24/04/2017

Le coucou gris

Il nous revient d'Afrique tropicale, il est présent sur le Causse du Larzac. Son chant qui porte loin, peut s'entendre depuis Navacelles s'il est émis tout près des gorges...

Dans la plaine de St Maurice, et en lisière de bois couvrant vallons et reliefs avoisinants (chênes verts, chênes pubescents, érables de Montpellier...), plusieurs coucous chantaient, à distances respectable l'un de l'autre. J'écoutais les divers chants, et herborisais dans le même temps ...

Et bientôt le comportement de l'un d'eux attire mon attention. Manifestement excité par la présence d'un autre oiseau -est-ce un mâle ou une femelle ?- un coucou se met à décrire un très grand cercle, plusieurs fois de suite, d'un vol vif et rapide en fouettant l'air; je peux entendre les frottements de l'air mêlés aux cris émis par l'oiseau lorsqu'il passe près de moi. S'arrêtant, quelques brefs instant en divers endroits de son parcours, il émet un cou-cou sonore et reprend son vol endiablé ! Fait-il ainsi le tour de son territoire pour le présenter à une femelle, ou pour le défendre de l'intrusion d'un autre mâle, je ne saurais le dire ?

Le deuxième coucou provoque la rencontre par endroits, et les deux oiseaux se confrontent émettant des cris brefs et rauques pour certains, prolongés pour d'autres... Puis ils s'éloignent, hors de ma vue...

Et les chants reprennent, dans la campagne proche et lointaine: Coucou, coucou, coucoucou ... Qu'est-il advenu des deux belligérants -ou amoureux ? Parade nuptiale ou défense du territoire ? il m'est difficile de trancher j'observe ce comportement pour la première fois, et n'ai pas assez d'éléments pour le faire ...

 

NB: le coucou gris se nourrit et de leurs larves, et particulièrement de chenilles velues délaissées par d'autres oiseaux insectivores. Mange-t-il la chenille processionnaire du pin qui fait bien des dégâts dans notre région ? On peut lui pardonner alors de parasiter le nid d'autres oiseaux, souvent bien plus petit que lui, comme les fauvettes ... dans lequel il pond un oeuf, après avoir évacué les oeufs de l'hôte, et lui confiant le soin d'élever sa progéniture.

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chenille processionnaires sur un pied d'asphodèle

Extrait de "Journal Nature 2017" de Joëlle Jourdan

14/04/2017

Rossignol philomèle

Sortie tardive ce matin, à 9h... à Navacelles

Envie d'être près de l'eau, de me laisser porter par les sons, et les images que la rivière offre généreusement ! Mais je ferai un détour par les pentes caillouteuses aujourd'hui.

Oh ! Surprise ! C'est le chant du rossignol philomèle qui s'élève des fourrés au-dessus du chemin ! Le voilà revenu de la lointaine Afrique... Le paysage sonore change lorsque le rossignol s'est installé, son chant puissant masque d'autres chants plus ténus comme celui de la mésange bleue. Et c'est un chanteur infatigable, jour et nuit sa mélodie réjouit nos oreilles... Dans un arbuste, plus près de moi, chante une fauvette grisette, son gazouillis continue révèle sa présence, ici et sur le plateau, mais elle reste discrète. Comme le rossignol elle revient d'Afrique

Sur le talus, en contrebas de la route je découvre la tulipe australe en fleurs. Quelques pieds, au milieu des cailloux, que l'on retrouve chaque année à ce même endroit malgré l'instabilité et la fragilité du milieu !

Je descends à présent vers la rivière pour la longer vers l'aval, un chemin qui m'est bien familier. Dans les herbages, un orchis pourpre en boutons... Je me faufile par un passage de pécheur et me voilà tout près de l'eau. Oh ! un écureuil vient de bondir d'une branche vers le tronc voisin auquel il s'agrippe de ses quatre pattes écartées. Il s'immobilise ainsi quelques instants le temps d'évaluer le danger que je représente, puis s'élance, agile et gracieux, remonte le tronc et profite d'une branche qui s'étire au-dessus de la rivière pour passer sur l'autre rive ! Il n'est pas question de flâner à cette saison, il y a tant de choses à faire ! Cette vision de l'écureuil dans son bel habit flamboyant (se faire beau au printemps est une nécessité pour courtiser les belles) me ravit !

Envie de vagabonder ce matin ! Je visite d'autres passages qui mènent à chaque fois du chemin au bord de l'eau et je découvre la rivière sous d'autres angles de vue. Un tunnel de verdure ondoyante ! Ici le chant du troglodyte mignon, depuis un branche haut perché -le nid du troglodyte est-il dissimulé entre les racines de cet arbre ou d'une anfractuosité de ce rocher ?- et là celui du pinson des arbres. La mésange charbonnière, la fauvette à tête noire chantent aussi par intermittence; il est un peu tard, le concert matinal est terminé pour aujourd'hui !

C'est le hêtre, aujourd'hui, qui brûle de mille feux dans le contrejour. Sur les branches basses un jeune feuillage vert tendre s'est épanoui, et dans le haut de l'arbre les bourgeons entrouverts, libérant tout juste les feuilles, scintillent comme des perles ...

Mais pourquoi le hêtre ne "chante-t-il pas" ?! Pas de trou dans son tronc, comme dans celui du peuplier blanc voisin, pour abriter le nid du pic épeiche ou, plus tard, celui de la mésange charbonnière, ou de la sitelle torchepot ! Et pas de branchages accueillants pour le pinson des arbres ? Sur son sol dégagé, l'absence de litière et de buissons ne permet pas au rouge gorge familier d'y trouver refuge, ni, encore moins, au rossignol philomèle ! Une question me vient à l'esprit: les hêtraies seraient-elles silencieuses à l'image de leurs rares représentants ici à Navacelles ?! Voici donc un but pour une prochaine balade !

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 Le hêtre ici, campé sur de puissantes racines que les crues successives ont dégagé en partie, même silencieux, rayonne de vitalité -A chaque printemps les arbres vivent une nouvelle jeunesse nous disent les scientifiques (cf Francis Hallé)

Et il n'ignore pas que rien n'est acquis, rien n'est définitif, que tout passe, les jours, les saisons et les êtres.

 

Extrait de "Journal Nature 2017" de Joëlle Jourdan

 

Luscinia megarhynchos, rossignol philomèle

Sylvia communis, fauvette grisette

Troglodytes troglodytes, troglodyte mignon

Tulipa sylvestris,  tulipe australe

Anacamptis pyramidalis, orchis pyramidal