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08/08/2016

Promenade nature

La bergeronnette des ruisseaux

Elle a quitté le nid depuis peu. Son vol encore maladroit soumis aux caprices du vent l'a déposée sur cette plagette de galets au bord de la rivière, qu'elle arpente maintenant.

Son plumage en nuances de gris, d'ocres et de blanc la dissimule. Immobile et me faisant face dans la lumière matinale, elle pourrait se confondre avec l'un des galets clairs et arrondis. Sa queue qu'elle hoche fréquemment semble alors une brindille agitée par le vent...

Active à nouveau, elle furète entre les pierres, y débusque les petits insectes.

Tout près de là, un adulte veille (mâle ou femelle je ne peux le voir); et chasse dans le même temps depuis une branche basse. Quelques vols suspendus au ras de l'eau pour capturer des insectes, puis un temps sur son perchoir au soleil à s'ébrouer et sécher son plumage.

Devant moi la rivière cascade sur ses galets. J'aime sa musique, l'écoute longuement. Au loin la rivière est miroir de verdure: verts, bruns et jaunes s'y mêlent en images frissonnantes.

Un chant de fauvette à tête noire s'élève. Notes pures, mélodie fluide et cristalline comme la rivière.

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Extrait de "Journal Nature 2016 de Joëlle Jourdan"

NB: la bergeronnette des ruisseaux a un manteau et un dos gris, des ailes brunes et noires, un ventre jaune. Le mâle nuptial a une gorge noire et un ventre jaune vif. La femelle a les côtés du ventre et la gorge blanchâtres. Extrait de "Les oiseaux d'Europe" de Lars Jonsson

 

 

 

21/04/2016

Simple témoin

Le long de la rivière, à Navacelles ...

Troglodyte mignon, rouge gorge familier, fauvette à tête noire, ils chantent et signifient ainsi leur présence au monde. Quelle est ma façon d'être au monde ?

Chemin en sous-bois parsemé de fleurs printanières, je longe la rivière. Les pulmonaires officinales s'épanouissent à présent, ainsi que les anémones sylvie. Les chants des oiseaux, qui se mêlent ou se répondent, semblent un peu mélancoliques dans la grisaille silencieuse de ce matin - ciel laiteux et feuillages immobiles. J'avance, discrète, sur la terre souple du chemin.

Je m'éloigne du chant, sonore, du troglodyte mignon, et me laisse ravir par celui, mélodieux, de la fauvette à tête noire. Je m'arrête quelques instants, m'immerge dans ce chant aux notes limpides. Plus loin un rouge gorge familier me ravit à son tour. Sur la rivière, un martin pêcheur quitte son perchoir à mon approche, puis un cincle plongeur remonte le courant ...

M'apparaissent alors, presque simultanément et comme une évidence, le vide d'une vie - ma vie- son insignifiance, et le plein de La VIE, son foisonnement. M'ouvrir à la joie d'Etre simple témoin, passeur de cette richesse.

 

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Extrait de "Journal Nature 2016" de Joëlle Jourdan

10/05/2015

Ecoute des chants

Au bord de l’eau …

En longeant la rivière, je retrouve les chanteurs qui me sont familiers : merle noir,  pinson  des arbres, rouge queue, rouge gorge familier, pouillot véloce, troglodyte mignon.

Chaque oiseau occupe un territoire qui lui est propre. Et chaque espèce à son milieu favori : arbres, arbustes ou broussailles.

les mésanges nichent et se nourrissent dans les arbres : mésange charbonnière, mésange noire, mésange bleue, mésange nonette. Les reconnaître sera un jeu facile …

Une écoute même distraite permettra d’identifier les chants familiers, tout au long du parcours, mais il faudra affûter ses oreilles pour entendre, mêlés à eux, les chants d’oiseaux moins connus. C’est alors que commencera le travail d’écoute, étudier la structure du chant, son ampleur, sa fréquence, et tenter d’y joindre l’observation. La patience est très souvent récompensée, et quel bonheur lorsque la nature ainsi s’anime !

Les chants ne résonnent pas de la même façon selon le lieu. Ils s’amplifient à proximité des falaises, ou dans une clairière, et peuvent prêter à confusion.

On doit parfois aller à la rencontre de l’oiseau plus rare, comme le merle bleu dans les gorges.

Le rossignol philomèle, souvent dissimulé au plus profond des buissons, s’est éloigné du village ces dernières années, nous privant de son chant au cœur même de la nuit !   

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 Les chants ne sont pas les seules manifestations des oiseaux, il y a aussi de nombreux cris. Cris de contact, cris d’alarme, comme celui du pinson des arbres lorsqu’on s’approche trop de son nid –un cri pouvant rappeler celui d’un insecte, mais plus puissant. Il est prudent alors de s’éloigner pour ne pas provoquer un dérangement

D’autres cris s’élèvent parmi les chants, ceux du geai des chênes, du pic épeiche, du pic vert et du cincle plongeur, à leurs passages entre les arbres, ou sur l’eau …

 

Par endroits, des mâles, gardiens de leurs territoires se chamaillent; avec beaucoup de véhémence.

 

Après le concert du matin, viendra, pour les oiseaux, le moment de partir à la recherche de nourriture …

 

 

 

Extrait de « Journal Nature 2015 » de Joëlle Jourdan

16/04/2015

Concert du printemps

à Navacelles...

Sortir à l’aube … Saisissement. Le ciel est encore étoilé, et le croissant de lune descendante lumineux. Fraîcheur de l’air …

Eveil de la nature. Les chants d’oiseaux s’élèvent, sortent de la nuit peu à peu. J’accueille ces chants isolés tout d’abord, puis bientôt mêlés: le « concert matinal du printemps » !

 

Sur les bords de la rivière chantent le rouge gorge familier et le troglodyte mignon. Le troglodyte mignon, est un oiseau brun à la queue courte et relevée ce qui le caractérise, et dont la taille de 9,5 cm en fait le plus petit oiseau d’Europe après les roitelets triple bandeau et huppé. Il lance une strophe de notes stridentes et de trilles aigus à intervalles assez longs depuis les branches basses d’un arbre ou d’un buisson facile à identifier et qui révèle sa présence. Son chant protège le territoire sur lequel est le nid, installé dans une cavité, entre les pierres ou les racines des arbres.

Quand il ne chante pas le troglodyte mignon se tient très près du sol où il furète avec vivacité dans la végétation et les pierres et à la recherche des insectes constituant son régime alimentaire.

Au loin le geai des chênes … ici la mésange charbonnière, et là le grimpereau des bois. Des couples se poursuivent sur l’eau et dans l’air : ballet nuptial du canard colvert et du cincle plongeur.

 

Je m’abandonne à l’écoute des cris, des chants, tour à tour immergée dans les sons, ou témoin  immobile. Arbre parmi les arbres. Arbres bourgeonnants le printemps –je suis à l’automne de ma vie. Mes yeux s’égayent aussi dans les verts délicats des feuillages –fantaisies printanières. Toucher des yeux ces étoffes végétales en transparence sur le ciel qui s’éclaire peu à peu.

 

Après son tour de chant, le grimpereau visite le tronc d’un peuplier, du bas vers le haut, en spirale, et plusieurs fois, avec agilité et minutie (il ne sait pas descendre, la tête en bas, comme la sitelle torchepot, remuant et infatigable grimpeur des arbres !). Le grimpereau prélève au passage quelques insectes dissimulés sous l’écorce qu’il fouille de son bec long, fin et recourbé.

 

Ravissement. Mes pensées se sont effacées. J’habite ce lieu longuement …

Premier rayon du soleil sur la falaise, tout en haut du Cirque …

 

Extrait de "Journal Nature 2015" de Joëlle Jourdan

19/03/2015

Clarté matinale

Silhouettes d'oiseaux à la cime des arbres sur fond de ciel opalescent. Premiers chants d'amour: le troglodyte mignon, la mésange charbonnière, le rouge gorge familier. Au loin la mésange bleue, le pinson des arbres, et le pic épeiche (aux percussions !)

Dans l'ombre des arbustes -des prunelliers aux bourgeons gonflés- des mésanges nonnettes s'affairent, et des mésanges bleues s'accouplent.

Des nids sont en place dans les branchages.

 

Extrait de "Journal Nature 2015" de Joëlle Jourdan