27/09/2012
Chants d'automne
à Navacelles ...
Parfois, lorsque mes yeux se tournent vers le lointain, une falaise, une courbe du paysage, une lumière, là où mes yeux se posent, je vais...Je vais dans les pentes caillouteuses, habitée de nombreuses et belles sensations, émotions...
Les lumières, les couleurs de la végétation en ce début d'automne, les matières minérales et végétales qui se confrontent, s'interpénètrent -contrastes toujours saisissants à mon regard qui ne connait pas l'ennui, ni l'habitude- tout dans cette nature sauvage est et reste émerveillement...
Sur le chemin un gazouillis m'interpelle. Léger. Il ne m'est pas toujours aisé de reconnaître l'oiseau au seul chant (mon oreille manque-t-elle de sensibilité musicale ? Ou bien mes yeux font-ils preuve de tyrannie ? ) Je guette alors ce moment où l'oiseau, furtivement, se montrera dans une trouée de la végétation, sur une branche sèche ou défeuillée, révélant sa silhouette, ses couleurs...J'aime observer l'oiseau dans son comportement, ses petites habitudes -qui me le rendent familier. Immobile, tous mes sens en éveil, j'attends...De menus cris annoncent l'arrivée de mésanges à longue queue...
Alors, dans la végétation buissonnante des bords du chemin -pistachiers térébinthes, amélanchiers, chênes pubescents, aubépines, ailantes, je vois -si près de moi que j'ai le sentiment d'être un arbuste parmi les arbustes et d'habiter ce lieu- aller et venir, se mêler et se disperser: mésanges charbonnnières, mésanges à longue queue, fauvettes mélanocéphales, une troupe d'oiseaux -chorégraphie d'automne- qui acceptent ma présence, pour un temps, puis s'éloignent. Je me laisse inviter au spectacle.
Les chants d'automne n'ont pas la vivacité de ceux du printemps. Le gazouillis se fait toujours entendre, mais les buissons garderont leur mystère.
Je reprends ma route.
Extrait de "Journal Nature 2012" de Joëlle Jourdan
18:34 Publié dans Ecoute chants oiseaux | Lien permanent | Commentaires (0)
24/06/2012
Faucon crécerellette
à St Pons-de-Mauchiens
Photographies Bertrand Louvet
Espèce ayant frôlé l'extinction sur le territoire français durant les années 80, le crécerellette ne se reproduit aujourd'hui que sur trois sites français, dans l'Aude, les Bouches-du-Rhône, et l'Hérault. Ce statut de vulnérabilité lui confère aujourd'hui de nombreuses mesures de protection réglementaires. Voir le site de la LPO (en bas de page)

Les faucons crécerellettes sont de retour de leur hivernage africain au mois d'avril...C'est à St Pons-de-Mauchiens qu'ils se reproduisent, et où ils retrouvent chaque année le même site de nidification, et le plus souvent le même nid.

Alors petit ?
Dans ce village ils ont trouvé le confort de la tuile canal pour y loger leurs petits... (En pays de Crau, les crécerellettes chassés des toits des bergeries par les choucas, ont élu domicile dans des tas de pierres à même le sol. Moins en sécurité qu'au village...)

C'est depuis la fenêtre de leur cuisine que Bertrand et Lulu observent chaque jour les faucons crécerellettes installés sur le toit de la maison en vis à vis. Et les rues de nos villages étant étroites, le spectacle est à "portée d'yeux" !

S'émerveillant de leurs prouesses en vol, ils attendent avec une certaine impatience l'apparition des oisillons...

que c'est beau !
Puis ne se lassent pas de suivre les nombreux va-et-vient du nourrissage. Jusqu'au jour où ...

super, vas-y !
Après l'envol des jeunes, lorsque le nid devient silencieux et le ciel vide au-dessus du toit, un peu de tristesse vient ternir le bel été méditerranéen, mais il reste la joie d'avoir été invité dans l'intimité de la petite famille pendant de si longs jours...

Aïe, ça bouge !
*
Bertrand Louvet, notre ami artiste du livre (typographie), n'en a pas oublié pour autant son autre passion: la photographie. Et il partage généreusement ces belles images avec nous. Nous l'en remercions
*
Plus d'infos sur le faucon crécerelette sur le site de la LPO
http://crecerellette.lpo.fr/index.html
22:22 Publié dans Ecoute chants oiseaux | Lien permanent | Commentaires (0)
21/05/2012
Les gorges oubliées
La vallée entre Alzon et Vissec, où peu à peu se perd une rivière: La Vis.
Je m'engage dans les gorges, la route en épouse les méandres. Les falaises rocheuses se détachent sur un ciel bas et gris, inégalement transpercé de lumière depuis l'arrêt de la pluie.
Des silhouettes noires ornant la ligne de crête des rochers, attirent mon attention. Arbres tortueux m'évoquant les estampes chinoises...Cette vision retient mon regard, je me laisse aller à une rêverie, et dans le même temps je m'interroge...
La réponse viendra plus loin, au détour d'un virage...Ces silhouettes noires aux formes étranges ne sont pas végétales, ce sont les vautours dont on m'a parlé à Alzon, venues de contrées lointaines pour une curée...Et je dénombre une trentaine d'oiseaux, posés en crête, ou accrochés aux falaises, de part et d'autres des gorges.
Majestueux, ils se tiennent immobiles dans une posture choisie, et dessinent des formes étranges sur le gris du ciel. Ailes repliées ou entre-ouvertes mais en dissymétrie; ailes entièrement déployées de part et d'autre du corps, ou en arche au-dessus d'eux; une aile étirée vers le bas, l'autre s'arrondissant sur la tête. Evoluant avec une grande lenteur et de longs temps d'immobilité, ils changent de position, et parfois de place...Une vraie danse buto !
Je reste longtemps immobile, entre observation et rêverie...
Extrait de "Journal Nature 2012" de Joëlle Jourdan
14:54 Publié dans Ecoute chants oiseaux | Lien permanent | Commentaires (0)
03/09/2011
Hirondelles
Au bord du lac du Salagou...
Pas de vent. Aucun bruissement de feuilles, ni de clapotis de l'eau...Univers un peu étrange.
Des gazouillis mêlés attirent mon attention. Je lève les yeux et découvre, autour de deux peupliers défeuillés à leur cime, un ballet d'hirondelles ! Elles volent, décrivant des ellipses multiples et enchevêtrées, se posent quelques instants à peine sur les extrémités des rameaux les plus fins, les obligeant à ployer sous leur poids (pourtant si léger !), se balancent un peu, et s'abandonnent à nouveau au vide pour reprendre leur vol...
Mes yeux sont ravis -au sens premier du terme. L'arbre semble orné de fines silhouettes noires, découpant le ciel bleu, et arrêtant parfois un mouvement qui semble perpétuel ! Sur les branches, des ailes frémissent comme feuilles au vent, des ventres blancs scintillent dans la lumière matinale comme des diamants aux doigts graciles de jeunes filles...
Froissement de l'air au passage des oiseaux, babil continu. Mon approche a dispersé le vol, d'un seul mouvement. Mon immobilité rassure, et bientôt le ballet retrouve la scène première.
Me voilà invitée au spectacle ! L'oeil peut saisir selon son envie, le vol dans son ensemble, ou suivre un oiseau dans son parcours, ou bien s'arrêter à l'extrémité d'un rameau et voir les hirondelles s'y poser avec légèreté et repartir presque aussitôt...Instants magiques de pure poésie !
Toujours immobile, je deviens hirondelle emportée dans le tourbillon joyeux.
Extrait de "Journal nature 2011" de Joëlle Jourdan
17:43 Publié dans Ecoute chants oiseaux, Nature | Lien permanent | Commentaires (0)
01/07/2011
Après l'envol
J'ai observé plusieurs fois l'envol d'oisillons qui avaient grandi dans le nichoir placé, devant ma fenêtre, sur le tronc d'un noyer d'Amérique...Un bel arbre dont le feuillage offre abri et nourriture à de nombreux oiseaux.
Au petit matin, les cris répétés des parents qui ont cessé de nourrir ce jour-là, incitent les oisillons à quitter le nid. Alertée par les cris, je me postais et attendais. Les oisillons apparaissaient bientôt, un à un, et s'envolaient avec plus ou moins d'hésitation et de hardiesse, selon le cas. Un spectacle toujours émouvant !
Le premier vol, encore bien malhabile, permet à l'oisillon de se poser sur une branche voisine. Fini la sécurité et la chaleur du nid qu'il partageait avec ses frêres. A lui le monde nouveau, hostile parfois...Un monde qu'il ne découvrira pas seul. Après l'envol les parents accompagnent encore les oisillons dans leur apprentissage des dangers et de la recherche de nourriture. J'ai pu l'observer dans mon jardin.
Parents et jeunes maintiennent le contact par des cris émis en permanence. Cris de contacts, cris d'alarme, cris quémandant la nourriture ou disant la satisfaction...
Le nichoir n'a pas été occupé cette année, mais depuis deux jours une petite famille de mésanges charbonnières fait ses apprentissages dans les arbres de mon jardin. Une cavité naturelle avait accueilli la nichée. Leurs cris m'ont avertie de leur présence.

Extrait de "Journal Nature 2011" de Joëlle JOURDAN
22:40 Publié dans Ecoute chants oiseaux | Lien permanent | Commentaires (0)

