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14/09/2017

Deux par deux

Emprunter une fois encore ce chemin de verdure et d'eau. Remonter la rivière en recherchant les passages les plus faciles. A chaque pas choisir la pierre à qui l'on confie l'appui du pied, puis du corps si elle se révèle stable. Se laisser envahir peu à peu par la fraîcheur de l'eau encore agréable en cette fin d'été. Puis s'arrêter dans un passage plus étroit où l'eau cascade et se laisser ravir par sa musique -Les sons clairs des tressautements de l'eau vive sur les pierres et ceux, plus graves, des remous en eau profonde.

Mes yeux vagabondent sur la plage de galets où je me suis posée quelques instants. Aujourd'hui ce sont les plus petits d'entre eux qui, un après l'autre, ici ou là et par je ne sais quelle magie, attirent mon regard ! Je les assemble deux par deux, tantôt pour leurs formes qui s'épousent parfaitement édifiant ensemble une structure nouvelle; tantôt pour leurs couleurs qui résonnent entre elles et s'harmonisent ou se complètent.

 

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"Dans l'enchantement du désir la vie se parfume"

Bélinda Cannone

 

 

00:59 Publié dans Nature | Lien permanent | Commentaires (0)

27/07/2017

Les oiseaux du ciel

Dans l'église où nous installerons bientôt notre nouvelle exposition, une surprise nous attendait ... Surprise attendrissante, mais qui nous obligera à nous adapter à une situation plutôt singulière: la présence d'un nid de rouge queue dans un lustre en coupe au-devant du chœur !

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La vue d'adultes, chenille au bec, m'a, dans un premier temps alertée. Il m'a suffit ensuite de suivre leur manège pour découvrir le nid qu'ils n'ont pas tardé à rejoindre. Et de vérifier en m'approchant à mon tour que le nid "babillait" ... Au sol, à l'aplomb du nid, les fientes confirmant la présence des oisillons (fientes récupérées par le parent, à chaque nourrissage et rejetées hors du nid -parfois loin- pour le garder au sec).

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A pas légers, entre deux passages des parents, me hisser sur un escabeau et prendre deux photos à bouts de bras ... Photos qui ont révélé la présence de quatre oisillons bec ouvert quémandant leur pitance, et d'autres sans aucun doute rassasiés faisant une sieste digestive (c'est ainsi que les choses se passent, mais ces oisillons-là ne sont pas visibles sur les photos car blottis au fond du nid douillet !)

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Les rouges queues restent au nid entre 12 et 20 jours, mais ne savent pas voler lorsqu'ils le quittent et sont encore nourris au sol pendant une dizaine de jours supplémentaires. Avec un peu de chance ils devraient participer aux festivités du 12 août, jour du vernissage de l'exposition !

Comment ferons-nous pour que, même à pas légers, ils n'inscrivent pas les traces de leur passage sur nos photos et livres d'artiste tout au long de la semaine ?!

Comment concilier l'Art et la Nature ?! Demander à Jean-Paul Delaitte de prévoir dans son installation des aires d'atterrissage, de repos et d'envol pour nos oisillons ?!

 

 *   *   *   *   *

 

Emue par le récit de cette aventure, Marie-Louise JOURDAN nous a offert ce texte en occitan -sa langue "maternelle" qu'elle parle et dans laquelle elle aime écrire les souvenirs de son enfance, qui sont aussi récits de vie à Navacelles.

Los coarojas.

Del temps tres-quatre ans avèm aculhit un nis de coarojas jos la teuladòta. Las vesiam crosar d'un còp d'ala, davant la fenèstra, portant del bèc une palha, una pluma, per preparar lo nis. Qualques jorns pus tard, se vesiá pas que lo cap de la femèla que coava; lo mascle, sol, anava et veniá per li portar la becada. E un matin, suspresa la maire quita lo nis e se'n torna amb un vèrm al bec; los aucelons son nascuts.

Quane afairament per los dos parents, tra lo jorn ont s'ausissian lo bresilhadìs dels aucelons atalentats. Vesiam pas que los bècs dobèrts qu'esperavan... Duscas al jorn ont lo silenci se fasiá. Los aucelons avián pres la volada...

 

Les rouges queues

Durant trois ou quatre ans, nous avons accueilli un nid de rouges queues sur l'appentis. Nous les voyions passer d'un coup d'aile, devant la fenêtre, portant au bec, une paille, une plume pour préparer le nid. Quelques jours plus tard, nous ne voyions plus que la tête de la femelle qui couvait; le mâle, seul, allait et venait, pour lui porter la becquée. Et un matin, surprise, la femelle quitte le nid et revient avec un ver au bec; les oisillons ont éclot.

Quel affairement pour les deux parents dès le jour où l'on entendait le gazouillis des oisillons affamés. On ne voyait que les becs ouverts qui attendaient. Jusqu'au jour où le silence se faisait. Les oisillons avaient pris leur envol.

 

 *   *   *   *   *  

7 jours après !

Le nid s'est rempli, les oisillons ont mis leurs plumes et seront bientôt prêts à partir à la découverte de l'église !

Nos allées-et-venues dans l'église pour préparer l'installation de l'exposition (il s'agit en premier lieu de faire le ménage !) n'ont guère dérangé la petite famille. Les parents imperturbables rentrent par le pignon Est, nourrissent les affamés et repartent par le pignon à Ouest, en profitant d'un trou dans chaque vitrail, juste à la bonne dimension !

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10 jours après

 

 

suite et fin de l'aventure:

 Les rouges queues ont quitté le nid le jeudi 10 août. Trois d'entre eux ont adopté les pieds d'une vieille chaise posée sur le confessionnal, comme perchoirs, attendant d'y être nourris. Le quatrième plus téméraire faisait l'apprentissage du vol, d'un support à l'autre.

Nous faisions ce jour-là l'installation du matériel d'éclairage de l'exposition, et notre présence ne les troublait pas vraiment !

Les portes de l'église étant ouvertes les petits ont tenté une première sortie, mais ils ont été vite reconduits à l'intérieur par leurs parents !

Le vendredi matin, jour de l'accrochage, les parents, sans doute informés des événements à venir - nous avions affiché le programme !- avaient choisi d'éloigner la petite famille. Ce qui nous a bien soulagés car la cohabitation aurait posé quelques problèmes !!

 

07/07/2017

Au bord du chemin, le hêtre

Témoin immobile du passage de randonneurs de plus en plus nombreux.

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Sur le tronc martelé par des mains ignorantes, des lettres entremêlées.

Tableau désolant de cœurs conscients de la finitude de leur amour, et confiant à l'arbre le soin de le garder en mémoire.

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Les ombres dansantes du feuillage laissent la lumière révéler telle ou telle inscription dont l'urgence à se dire est plus grande

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Extrait de "Journal Nature 2017" de Joëlle Jourdan

18:55 Publié dans Nature | Lien permanent | Commentaires (0)

26/01/2017

Daucus carota

au réveil ce matin, une surprise: la neige s'est invitée pendant la nuit ...

dans le pré blanchi je cueille une carotte sauvage, elle m'accompagnera dans mes vagabondages ...

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*

Je ne résiste pas au plaisir d'aller marcher, une fois encore dans la neige. Emprunter des chemins familiers, me laisser éblouir par la beauté du paysage.

un paysage saupoudré de neige comme un gâteau au chocolat l'est de sucre glace ! Le blanc et le noir s'entremêlent et se révèlent mutuellement. La neige rehausse les arrêtes rocheuses, les lignes de crêtes, la silhouette dénudée des érables, le vernis de la feuille du buis... Les falaises, ainsi parées, semblent altières,  et la rivière plus profonde ... Sur le chemin recouvert de neige fraîche, je découvre des pistes. Celle d'un sanglier, puis celles de perdrix.

je m'élève au-dessus de ce paysage changeant. Redécouvre les points de vue ... La lumière filtre, par moments, au travers des nuages, révèle les reliefs, et la profondeur des gorges. Des voiles de brume, apparaissent ici, puis là, sur lesquels se dessinent des silhouettes rocheuses ou d'arbres. Par moments, c'est tout le paysage qui disparaît, ou presque. Un envol bruyant attire mon attention, quatre perdrix s'éloignent vers les falaises...

Moments magiques. Que l'on aimerait partager.

 

Extrait de "Journal Nature 2017" de Joëlle Jourdan

 

22:16 Publié dans Nature | Lien permanent | Commentaires (0)

13/10/2016

Fagus sylvatica

Le hêtre, à Navacelles, sous la pluie d'automne ... C'est un bel arbre de port élevé. Quel est son âge ?

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Il a grandi à proximité de la rivière qui lui offre l'humidité et la fraîcheur dont il a besoin. Et l'orientation des gorges à cet endroit-là (ouest-est) lui assure l'ensoleillement qui lui est nécessaire.

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La pluie est régulière, les gouttes serrées, et l'eau ruisselle sur la peau du hêtre, cherchant son passage au niveau des ramifications, comme le fait la rivière entre les rochers. Gorgée d'eau l'écorce, lisse, a viré au gris foncé et accroche la lumière par endroits.

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L'écoulement se fait à la verticale, du haut vers le bas, épousant les irrégularités du tronc en forme de vaguelettes ligneuses. L'eau ruisselle ainsi le long du tronc, mais aussi sur chacune des branches maîtresses. C'est sous les branches que courent les "ruisselets"qui se rassemblent ensuite sur l'axe principal. 

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Le hêtre est bien ancré sur de puissantes racines, qui, côté rivière, ont été dégagées par les crues successives révélant ainsi un maillage serré.

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21:41 Publié dans Nature | Lien permanent | Commentaires (0)