Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

18/08/2022

Bébés loirs

Trois bébés loirs tombés du nid ...

Les loirs ont élu domicile dans mon hangar depuis de nombreuses années, malgré les visites régulières du chat voisin ! Juste avant l'hiver ils se rapprochent du conduit de cheminée où ils hibernent très confortablement. Et leurs activités reprennent au printemps, puis vient la saison des amours !

Cet été, chaud et sec, n'a peut-être pas offert la nourriture suffisante à une mère loir qui avait fait son nid au sommet d'une arche soutenant le toit de mon hangar, et ses petits ont-ils manqué de lait ?  Est-ce la raison expliquant la chute d'un premier bébé loir à l'aplomb de l'arche, le mercredi 10 août ? Tout petit, les yeux encore fermés, bien maladroit dans ses mouvements, ce bébé loir a rampé, roulé sur le dos, puis sur un côté et sur l'autre, pour finalement venir se blottir contre un sac en toile de jute posé tout prêt de la porte de mon appartement.

IMG_20220810_180110-w.jpg

IMG_20220810_180412-w.jpg

Bougeant sans cesse et changeant de position, même dans son sommeil

IMG_20220810_180433-w.jpg

IMG_20220810_180450-w.jpg

Ne pas le toucher pour ne pas laisser mon odeur. Attendre que la mère vienne le nourrir, ou mieux le remonter dans le nid ? Une nuit, puis un jour et encore une nuit passent, le petit loir est toujours là. Et il ne semble plus en forme. Que faire ?!

Je décide de m'improviser maman loir ! Une dosette de serum physiologique fera office de biberon et le lait de ma petite fille me permettra de l'alimenter. Il adopte son nouveau nid, tête avec vigueur, se remet de ses frayeurs, et un jour après ses yeux s'ouvrent sur sa nouvelle vie !

IMG_20220811_201345.jpg

Mais voilà qu'un deuxième bébé loir tombe à son tour du nid, et c'est dans une chaussure que je le retrouverai ! Ma tâche se complique, faire têter deux bébés loirs plusieurs fois par jour prend du temps, et je ne peux plus m'absenter longuement ! De plus, ce deuxième bébé me semble bien fragile, et il ne montre pas un grand appétit, c'est au goutte à goutte que je tente de le nourrir ...

IMG_20220812_170410-rec-w.jpg

Connaissant l'existence d'un Centre de soins pour animaux sauvages à Ganges, je prends contact avec la personne responsable, et me voilà rassurée, ils veulent bien prendre le relai ! J'apprends par la même occasion qu'il n'aurait pas fallu leur donner du lait de vache mais du lait de chèvre ou à défaut des fruits. J'avais proposé de la prune et du raisin à mes bébés pour compléter leur menu, et le premier bébé les avait apprécié ! Hélas, le deuxième allait faiblissant de plus en plus, et il n'a pas survécu.

C'est au matin du mardi 16 août, à 10h30 que les bébés loirs ont rejoint le Centre de soins pris en charge par un voisin attentionné et ami des animaux.... Et c'est un peu avant 11h que j'ai découvert le 3ie bébé loir, gentiment enroulé sur lui-même, une toute petite boule de poils, tombé du nid à son tour ! ( on dit bien : "jamais deux sans trois", n'est-ce pas ?! )

IMG_20220816_110337-rew.jpg

Une fois réveillé, et bien que très certainement issu de la même portée, celui-ci était plus gros et très vigoureux. Avait-il été mieux nourri après le départ de ses frères ? ... Que faire ?! ... J'ai décidé, avant qu'il n'ait côtoyé trop longtemps les humains, et sans le toucher directement, de le déposer sur le plancher du grenier, là où sa mère évolue toutes les nuits, souhaitant qu'elle prenne soin de lui !

La suite et la fin de l'histoire bientôt ...

Vendredi 9 sept ...

A ce jour, et depuis le jour de sa chute, je n'ai pas eu de nouvelles du 3e bébé loir. En le déposant au grenier, j'avais mis à sa disposition une coupelle avec des raisins, mais il n'y a pas touché -La mère s'est-elle occupée de lui ?  J'ai appris que le 2e bébé loir, trop faible, n'avait pas survécu. Et j'apprends aujourd'hui que le premier bébé loir a bien grandi et qu'il doit, à présent, être rendu à la vie sauvage. Pour cela il s'agit de le relâcher sur son lieu de naissance, donc ... dans mon hangar !

IMG_20220909_123915(1)-w.jpg

De retour à Navacelles, par le même taxi qu'à l'aller, une fois la porte de sa cage ouverte, le bébé loir devenu grand n'a pas tardé à sortir et à partir explorer le voisinage.

IMG_20220909_124236-w.jpg

Sur son passage il a trouvé une cagette remplie de raisins, mais ce n'était pas l'heure du déjeuner, il a poursuivi son chemin !

Où ce chemin l'a-t-il mené, je l'ignore ! A présent il vit seul sa vie de loir émancipé !

Extrait de "Journal Nature 2022" de Joëlle Jourdan

22:45 Publié dans Nature | Lien permanent | Commentaires (0)

10/10/2021

Lever de soleil sur le Cirque de Navacelles

Ce matin, au lever du jour, j'ai quitté le confort relatif de mon appartement, et franchi le seuil sans grande prise de risque... Les pierres sonnantes sous mes pas m'invitent à me mettre à l'écoute. Je dépose sur le bord du sentier tout ce qui alourdirait ma marche : ces pensées en boucle qui nous habitent dans le quotidien de la vie -des questions trop souvent sans réponses.

Je marche... Je lève les yeux jusqu'à la ligne d'horizon ondulant tout autour du Cirque. Mon regard s'élargit alors vers le ciel, qu'il parcourt d'un mouvement circulaire, et rencontre une frange de nuages blancs ourlant les corniches calcaires à l'Est.

Je gravis la pente. Le silence minéral m'enveloppe, percé de quelques cris d'oiseaux -ici des mésanges et là des perdrix. La frénésie touristique a cessé. Le Cirque a retrouvé son intemporalité, ancré au fond des temps géologiques. Dans les gorges, le bourdon de la cascade. Les lieux façonnés par la main de l'homme captent alors mon regard-remontent à ma mémoire des images du passé aux différentes époques de ma vie, et du passé dont on m'a parlé dans mon enfance. Comme la pierre, l'homme à présent m'apparaît dans sa propre intemporalité -Rien n'a changé, nous sommes tout autant démunis que les hommes à l'aube de l'humanité devant le Grand Mystère

La lumière devient plus vibrante au-dessus de l'horizon, filtrant à travers les nuages opalescents. L'ombre, dans le Cirque, s'épaissit. Puis le soleil s'extirpe de son voile -projecteur dirigé sur ma vie.

Nous sommes si peu de choses. Et riches de tant de choses.

IMG_20210328_183852.jpg

 

Extrait de "Journal Nature 2021" de Joëlle Jourdan

11:53 Publié dans Nature | Lien permanent | Commentaires (0)

03/04/2021

Marcher. Le corps en mouvement

C'est le corps en mouvement qui explore, expérimente le chemin. et qui vit le paysage. L'intègre. Le fait sien. S'installe alors un dialogue -intime.

Chemins sonores, parsemés de chants d'oiseaux. et chemins de senteurs. Parfums sucrés des nerpruns et des buis aux fleurs si discrètes à nos yeux mais révélant une présence odorante. J'aime me laisser agripper sur mon passage par un parfum et en chercher la source, humant l'air alentours. Puis je reste dans ces effluves, en savoure les nuances. De la même façon qu'immobile et silencieuse, je me laisse ravir par le chant d'un oiseau connu ou inconnu, les sons me traversant, résonnant en moi avant de se disperser. 

Le corps en marche, et en mouvement, appréhende le chemin par les pieds, en éprouve et dessine les reliefs, les irrégularités. Marcher sur ces chemins pierreux de Navacelles, choisir mon appui au sol, mon pas, le rythme de ma marche est initiatique -Je vais, en écho, dans le dédale de mes sentiers intérieurs, y découvre mes aspérités, les obstacles à franchir, ainsi que les lieux accueillants où prendre un peu de repos : une herbe tendre, une terre souple.

Mon corps en marche, en mouvement, découvre le paysage par les sens. Odorat et ouïe -les sens premiers, et puis la vue si prégnante. L’œil m'ouvre à l'horizon. Au volume. A la matière. Le paysage devient sculpture. Et vibre de toute l'énergie de la terre. Une sculpture dont la surface bourgeonne de vie. J'en découvre les rondeurs, les courbes, mais aussi les cassures, les rugosités que je caresse longuement d'un regard ému -ressentant alors ce paysage vivre à l'intérieur de moi, éveillant/réveillant mon paysage intérieur silencieux et confiant -tout passe, les épreuves, les saisons. Et le printemps revient.

IMG_20210403_111321.jpg

Je suis ce paysage si particulier de Navacelles, et dont les chemins me sont familiers depuis fort longtemps. Paysage parcouru et habité depuis la nuit des temps par l'humain en quête d'abri et de nourriture. En quête d'espace vaste pour libérer, agrandir cœur et âme. Je marche l'histoire de l'humanité en ce lieu. Me relie à la communauté humaine à travers le temps. Gratitude à tous ceux qui m'ont précédée, qui ont façonné ce paysage modelé au départ par les forces vives de la nature.

 

"Journal Nature 2021" Joëlle Jourdan

15:31 Publié dans Nature | Lien permanent | Commentaires (0)

08/11/2020

Ce jour

P1580029-C Bobin-w.jpg

Extrait de "Journal nature 2020" de Joëlle Jourdan

13:24 Publié dans Nature | Lien permanent | Commentaires (0)

27/05/2020

1ie balade

Campis, près du Vigan dans le Gard ...

Après deux mois de réclusion, une photo de Mireille Pélindé Rian, spécialement dédiée à ART ET NATURE

2020_05_22-Campis-Graines-DSCN01111.jpg

 

23:36 Publié dans Nature | Lien permanent | Commentaires (0)