14/07/2026
A propos de territoire
Dans la fraîcheur du matin ....
J'allais sur le sentier remontant la rivière, pieds nus sur la terre desséchée par l'été -laissant mes pensées se retirer peu à peu. Le chant d'une fauvette à tête noire m'invite à ralentir mon pas, puis à m'arrêter pour être tout entière à son écoute.
Immobile à présent, mes yeux parcourent l'espace environnant avec légèreté, ils s'imprègnent de l'atmosphère crée par la lumière dans les feuillages des arbustes. Images et sons s'entremêlent, je me laisse porter...
Une petite boule de plumes, sombre et à la queue relevée, rentre dans mon champ de vision et attire mon regard aussitôt captivé par la vivacité de ses déplacements, c'est un troglodyte mignon. Tout près du sol, il va avec agilité d'une branche à l'autre, passe et repasse devant moi, s'enhardit de plus en plus jusqu'à se poser en observateur curieux tout près de moi ; mais quelques instants seulement, avant de s'envoler plus haut dans les arbres - le troglodyte mignon niche souvent dans des entrelacs de lierre ou de racines, ou des anfractuosités de rochers
Suivant le troglodyte du regard, je découvre un écureuil qui évolue dans les hauteurs, avec élégance, courant sur les branches ou sautant d'un arbre à l'autre. Est-il à la recherche de nourriture, d'un nid pour y prélever œufs ou jeunes oisillons ? Un oiseau -est-ce la fauvette qui d'ailleurs a interrompu son chant ?- semble ne pas apprécier l'intrusion de l'écureuil sur son territoire et le poursuit, l'invitant à s'éloigner au plus vite. Ce qu'il fait sans trop de regrets, semble-t-il !
J'aime ces rencontres, ce face à face avec l'animal dans son milieu qui m'invite toujours à m'interroger : Quelle est ma place sur ce territoire que l'on partage ? Mais aussi : Quelle est ma place dans l'Univers ? Cette question-là est vertigineuse !
Extrait de "Journal Nature 2026" de Joëlle Jourdan
21:18 Publié dans Ecoute chants oiseaux | Lien permanent | Commentaires (0)
15/11/2019
Journée d'automne
Navacelles ...
ça chante aujourd'hui dans les arbustes des pentes ! Les rouges gorges, ici dans un érable de Montpellier et là dans un pistachier térébinthe. Quelques notes d'une fauvette à tête noire au creux d'un buis. Au loin, près de la rivière, une bribe de chant d'un cincle plongeur.
Ce ne sont plus des chants de séduction, ni ceux délimitant les territoires nécessaires au nourrissage des couvées. Signalent-ils les territoires occupés par les oiseaux en hiver ? Ou sont-ils simple manifestation d'une présence ?
Autre façon de signifier sa présence : les cris de contact -il est plus difficile d'en identifier les auteurs. Mais je reconnais aisément les cris de la mésange charbonnière qui me sont familiers. Elles vont et viennent dans les arbres presque dénudés du bord de l'eau, en quête de quelques insectes.
Au loin un cri du merle noir dérangé sans doute dans ses occupations favorites : rechercher vers ou larves d'insectes dans la litière ...
Belle journée ensoleillée, aucun vent ne froisse les feuillages desséchés. Lumière d'automne magnifiant les couleurs, les jaunes, les orangés... Immobilité du paysage. Apaisante. Allées et venues des oiseaux qui l'habitent.
Je m'arrête. Longtemps. J'écoute. J'observe. Dans la présence à l'instant, qui est. Qui passe.

Extrait de "Journal Nature 2019" de Joëlle Jourdan
23:15 Publié dans Ecoute chants oiseaux | Lien permanent | Commentaires (0)
01/03/2018
Chamaillerie
Une bonne couche de belle neige a recouvert le paysage ce mercredi 28 février...
Sur le rebord de ma fenêtre, au poste de nourrissage, se retrouvent les mésanges bleues et charbonnières, le chardonneret élégant, le pinson des arbres, le tarin des aulnes en grand nombre. Mais la cohabitation n'est pas facile même si la nourriture (graines de tournesol) y est abondante.
Le chardonneret est très belliqueux et ne tolère la présence d'aucun autre oiseau sur la place qu'il occupe. Le tarin des aulnes, en l'absence du chardonneret, s'arroge le droit de repousser les mésanges, et n'hésite pas à se quereller avec un congénère. On se chamaille donc !
mais comme les graines sont déposées en plusieurs endroits, jardinière suspendue, et divers pots de fleurs, tout ce petit monde finit par en chaparder quelques unes, à chaque passage, pour les décortiquer sur place -ce que font volontiers les mésanges- ou les emporter sur une branche du noyer voisin.
Au moindre bruit, ou mouvement, c'est la dispersion généralisée !
Avec la neige, nous retrouvons une âme d'enfant, et sa capacité à s'émerveiller de petits riens...
Extrait de "Journal Nature 2018" de Joëlle Jourdan
19:58 Publié dans Ecoute chants oiseaux | Lien permanent | Commentaires (0)
02/02/2018
Crépuscule
Retour de balade sur le sentier en lacets qui plonge vers le Cirque de Navacelles
Paysage monochrome, en nuances de gris. La lumière qui sourd du ciel à l'ouest éclaire le chemin.
Au détour du sentier, envol de perdrix. S'étaient-elles installées à l'abri pour la nuit ? Puis s'élevant des hautes falaises ourlant les gorges, le chant grave du Grand Duc d'Europe. Je m'arrête pour l'écouter.
Tout en bas, près de la rivière, le merle noir semble lui répondre, égrenant ses notes flûtées.
Je retrouve le village juste avant la nuit. Tout est silencieux à présent.
Extrait de "Journal Nature 2018" de Joëlle Jourdan
14:43 Publié dans Ecoute chants oiseaux | Lien permanent | Commentaires (0)
17/01/2018
Petit matin
Les jours s'allongent doucement ...
Malgré le froid, les oiseaux commencent à s'agiter dans les frondaisons. Les premiers chants, ceux de la mésange charbonnière, sur deux notes à cette saison tipu-tipu ...
Quelques bribes du gazouillis d'un cincle plongeur au bord de la rivière. Quelques cris d'un crapaud.
La nature s'anime ...
Près de l'eau les chatons des aulnes et des noisetiers, et les bourgeons des saules et des peupliers se parent de couleurs, prémices du printemps ?
Extrait de "Journal Nature 2018" de Joëlle Jourdan
15:03 Publié dans Ecoute chants oiseaux | Lien permanent | Commentaires (0)



