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03/04/2021

Marcher. Le corps en mouvement

C'est le corps en mouvement qui explore, expérimente le chemin. et qui vit le paysage. L'intègre. Le fait sien. S'installe alors un dialogue -intime.

Chemins sonores, parsemés de chants d'oiseaux. et chemins de senteurs. Parfums sucrés des nerpruns et des buis aux fleurs si discrètes à nos yeux mais révélant une présence odorante. J'aime me laisser agripper sur mon passage par un parfum et en chercher la source, humant l'air alentours. Puis je reste dans ces effluves, en savoure les nuances. De la même façon qu'immobile et silencieuse, je me laisse ravir par le chant d'un oiseau connu ou inconnu, les sons me traversant, résonnant en moi avant de se disperser. 

Le corps en marche, et en mouvement, appréhende le chemin par les pieds, en éprouve et dessine les reliefs, les irrégularités. Marcher sur ces chemins pierreux de Navacelles, choisir mon appui au sol, mon pas, le rythme de ma marche est initiatique -Je vais, en écho, dans le dédale de mes sentiers intérieurs, y découvre mes aspérités, les obstacles à franchir, ainsi que les lieux accueillants où prendre un peu de repos : une herbe tendre, une terre souple.

Mon corps en marche, en mouvement, découvre le paysage par les sens. Odorat et ouïe -les sens premiers, et puis la vue si prégnante. L’œil m'ouvre à l'horizon. Au volume. A la matière. Le paysage devient sculpture. Et vibre de toute l'énergie de la terre. Une sculpture dont la surface bourgeonne de vie. J'en découvre les rondeurs, les courbes, mais aussi les cassures, les rugosités que je caresse longuement d'un regard ému -ressentant alors ce paysage vivre à l'intérieur de moi, éveillant/réveillant mon paysage intérieur silencieux et confiant -tout passe, les épreuves, les saisons. Et le printemps revient.

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Je suis ce paysage si particulier de Navacelles, et dont les chemins me sont familiers depuis fort longtemps. Paysage parcouru et habité depuis la nuit des temps par l'humain en quête d'abri et de nourriture. En quête d'espace vaste pour libérer, agrandir cœur et âme. Je marche l'histoire de l'humanité en ce lieu. Me relie à la communauté humaine à travers le temps. Gratitude à tous ceux qui m'ont précédée, qui ont façonné ce paysage modelé au départ par les forces vives de la nature.

 

"Journal Nature 2021" Joëlle Jourdan

15:31 Publié dans Nature | Lien permanent | Commentaires (0)

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