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12/01/2008

Balade hivernale

Le village de pierres et son pont sur la rivière se mêlent aux pierres des pentes, dans un même gris. Pas de verdure pour distraire l’œil –ou si peu. Celle des buis, et quelques pins.

Un ciel chargé ce matin, et des averses d’une pluie fine. Des trouées de lumières et des coins de ciel bleu apparaissent au gré des vents qui déplacent alors un faisceau lumineux, balayant le paysage.
Ainsi l’œil est guidé, et pose un regard nouveau sur des éléments qui lui étaient pourtant très familiers.

Je m’élève au-dessus du village sur le vieux chemin en lacets si souvent emprunté, m’arrêtant près de cet arbre ou de ce rocher…Nous avons besoin de rites, ils interrompent pour un temps le cours des pensées et mettent en lien le passé, le présent et l’avenir. Notre regard s’agrandit alors jusqu’à la vision.

Sur le Causse l’air est vif. Au loin les montagnes de l’Aigoual avec leur couverture de neige. Ma balade, comme à chaque fois est une moisson d’images ! Les sons me guident…Aujourd’hui peu de bruits : souffles irréguliers du vent dans les feuillages secs des chênes, quelques cris d’oiseaux . Pinsons, mésanges, fauvettes dans les arbustes au bord du chemin. Un geai des chênes au loin.

Longer les falaises offre de nombreux points de vue du village et des gorges qui se dissimulent et se dévoilent avec les reliefs. Et offre parfois de belles rencontres : dérangés par mon approche, le couple d’aigle royal quitte son éperon rocheux pour s’éloigner vers un autre reposoir –l’un après l’autre, dans la plus grande discrétion.

Un renard croise ma route à faible distance sans se presser –Le vent m’est favorable, le renard n’a pas senti ma présence, et ne semble pas m’avoir vue. Il se coule dans les buissons en bord de falaise. Est-il en chasse ?

Des bruits de pierres déplacées dans la hâte, puis l’envol lourd d’un oiseau, suivi d’un autre…cinq perdrix rouges qui plongent vers le Cirque !

Mes doigts et mon visage sont mordus par le froid. C’est l’hiver ! Marchant d’un pas régulier , je songe à tout ce que la nature nous offre si nous acceptons de renoncer à notre confort pour un temps.

Je songe à l’hiver dans nos vies citadines….

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21:50 Publié dans Nature | Lien permanent | Commentaires (0)

08/01/2008

Chemins de pierres

Elle aimait ce lieu. Depuis toujours. Ou bien était-ce ce lieu qui l’aimait . Et l’invitait régulièrement.   Depuis toujours  elle allait sur ces mêmes chemins d’un pas égal. D’un pas à l’autre. D'une image à l'autre. Et à chaque fois renouvelée.

Elle marchait. De longues heures. Elle voyait changer la lumière. Elle aimait cette lumière si particulière, filtrée dans les feuillages des grands arbres au bord de l’eau, ou rasante sur le rocher. Elle connaissait la lumière à chaque saison, à chaque moment du jour. Elle était fascinée aussi par la nuit sous un ciel noir profond, ou encore par la lumière étrange d’une nuit de pleine lune, réveillant les ombres plus noires, plus mystérieuses.

Elle regardait tout. Elle écoutait tout. Elle se laissait submerger par les sensations. Elle devenait tour à tour, feuille, papillon, oiseau et s’envolait vers on ne sait quelle destinée. Elle devenait écorce, terre, eau et même pierre. Elle était fascinée par tant de couleurs. Tant de matières. Elle se perdait parfois dans la profusion de formes et de couleurs.

Elle écoutait tout. Elle se perdait aussi dans la profusion de sons . Le vent dans les herbes et les feuillages qu’elle écoutait en fermant les yeux. L’eau de la rivière près de laquelle elle s’arrêtait toujours. Le chant des oiseaux qu’elle avait appris à reconnaître. Et le son clair des pierres sous ses pas.

Elle avait souvent marché ainsi. D’un pas à l’autre. D'une image à l'autre. Laissant son regard vagabonder.  Elle aimait se perdre dans la profusion de sensations.

Elle allait . D’un pas à l’autre. Elle marchait de longues heures sur ces chemins de pierres. A chaque fois     renouvelée.

Extrait de « Le temps d’une vie » de Joëlle JOURDAN

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12:10 Publié dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (0)