24.08.2009

Une nuit à la belle étoile

Sur le plateau du larzac...

Allongée sur le sol aplani d’un pâturage, le regard tourné vers le ciel étoilé d’un noir dense, j’apprivoise la nuit…

Parfum de terre et d’herbes encore chaudes. Bruissements d’insectes familiers. Brise tiède caressante, qui disent l’été…

Silence profond. La nuit minérale du causse a effacé toute trace de vie humaine comme la vague égalise le sable .

La profondeur du ciel m’envoûte. Des étoiles filantes – rais de lumière plus vives – happent mon regard... Je m’endors.

Jupiter, la Grande Ourse, la Voie Lactée poursuivent leur course vers l’ouest. Le grand manège m’emporte. Je m’abandonne à la nuit…

Au petit matin une fine rosée se dépose, fraîcheur bienveillante. les étoiles s'effacent dans la clarté de l'aube. Puis la montagne de la séranne, à l'est, se teinte de rose et d'orangé.

Et le soleil apparaît. Il réveille les ombres des arbres sur la terre dénudée par l'été, et les oiseaux plus discrets à cette saison.

Le corps reposé, le cœur agrandi je suis du regard le ballet matinal des hirondelles. Rasant le sol d’où s’élèvent les premiers insectes, elles semblent nullement dérangées par ma présence.

Remplie de gratitude envers la vie  j’accueille le jour nouveau…

 

Extrait de « Journal Nature 2009 » de Joëlle Jourdan

04.08.2009

Livre d'artiste

 PARTAGE DES EAUX. Une exposition, et un livre d'artiste. Ce livre a été conçu par les artistes qui exposeront du 8 au 16 août au Cirque de Navacelles...

En quelques images, voici la création du livre sur la presse des éditions Trouvailles, chez Bertrand Louvet à St Pons de Mauchiens 34.

(photographies de Bertrand et Lucienne Louvet)

Prép-expo-08-09 013.jpg
Prép-expo-08-09 026.jpg

PARTAGE

DES

EAUX

 

 

Joëlle Jourdan

Bertrand Louvet

Marijo Marchand

Luc Micola

Mireille Pélindé Rian

Claude Varisco

Prép-expo-08-09 019.jpg
Bertrand Louvet dans son atelier
Prép-expo-08-09 020.jpg
Prép-expo-08-09 024.jpg

Le chant des flots d'été, le silence hivernal.

La mémoire du givre passé rafraîchit les longues heures d'août.

Sur la feuille, l'empreinte des pensées.

Nos yeux pour dire le poids de la pluie,

au-delà de l'eau, ô vivante, ô mystérieuse,

ruisselante de couleurs,

les herbes fragiles gravées dans la neige,

le gel de décembre, certaines cassures cristallines,

la joie du ruisseau et la soif étanchée de l'arbre.

Prép-expo-08-09-028.jpg
009.JPG
001 (2).JPG

Cet ouvrage de Partage des eaux présenté sous cartonnage façonné à la main comporte 5 photographies originales imprimées sur papier MOAB Colorado par L. Micola à Nébian et 1 papier végétal unique créé à Montpellier par C. Varisco.

La lettre de plomb fut levée en juillet 2009 et a rencontré le papier sur la presse Vandercook des éditions Trouvaille à St Pons-de-Mauchiens, chez B. Louvet.

Les auteurs réalisèrent en un après-midi d'été le pliage et l'assemblage de cette œuvre, créant ainsi un témoignage d'amitié.

 

Il a été tiré 40 exemplaires en Garamond corps 16 sur papier BFK-Rives 250 g., 34 signés et numérotés de 1 à 34 et 6 signés et numérotés de HC-I à HC-VI, réservés aux auteurs.

017.JPG
013.JPG

 

Ce livre sera présenté et mis à la vente lors de l'exposition.

 

Animations et exposition de photos,

de papiers végétaux et de livres d'artistes

Église et hameau de Navacelles

8-16 août 2009

Vous êtes cordialement invités au vernissage

le samedi 8 août à 18h

 

 

21.07.2009

Balade au fil des mots

Dans le cadre de l'exposition "Partage des eaux", au Cirque de Navacelles

le dimanche 9 août 2009 de 15h à 18h...

(gratuit, départ de l'église)

Avec Anne Hillebrand   

 En remontant le lit de la rivière….une ballade ! Flots de mots. Puis silence. Ecriture-graphie au fil des mots. Traces secrètes. Ephémères. Offertes. Au fil des flots. Ronde de mots. Ronds dans l’eau. Rondeaux….

 

 

 

034siteA&N.jpg

 

Associations QUEL'ART et ART & NATURE

16.07.2009

La beauté

Extrait de « Le Prophète » de Khalil GIBRAN

 

Et un poète dit, Parlez-nous de la Beauté.

Et il répondit :

  Où cherchez-vous la beauté et comment la trouverez-vous, à moins qu’elle ne soit elle-même votre chemin et votre guide ?

  Et comment pourrez-vous parler d’elle, si elle ne tisse pas elle-même vos paroles ? La beauté n’est pas un désir mais une extase.

Elle n’est pas une bouche assoiffée ni une main vide tendue,

  Mais plutôt un cœur embrasé et une âme enchantée…

 

La beauté est l’éternité se contemplant dans un miroir.

  Mais vous êtes éternité et vous êtes le miroir.

037-jaune3.jpg

05.06.2009

Henry-David Thoreau

Journal 1837-1861, présenté par Kenneth White
Septembre 1839
"La nature ne se hâte jamais, ses révolutions suivent un cours régulier. Le bourgeon se gonfle imperceptiblement, sans hâte ni désordre, comme si les courtes journées de printemps étaient une éternité. Chacune de ses opérations semble, sur le moment, le seul objet pour lequel toutes choses sont différées. Pourquoi donc l'homme se hâterait-il, comme s'il avait moins que l'éternité pour accomplir l'action la plus petite ? Qu'il mette des siècles, s'il le faut, pour bien faire la tâche la plus humble...Si le soleil couchant parait le presser de mettre le jour à profit tant qu'il dure, le chant du grillon, au rythme égal qu'il eut toujours, ne manque point de le rassurer et lui enseigner à prendre son temps désormais." Henry David Thoreau
005.JPG

18.08.2008

Lectures chuchotées

Samedi, dans l'église où se déroulait l'exposition, on pouvait s'agenouiller dans le confessionnal pour y entendre, murmurés par Anne Hillebrand, des morceaux choisis sur le thème de l'eau...16nava B.jpg

Dans les parfums de savon et lavande, invitation à tendre l'oreille aux secrets d'un flot de mots, comme lavandière à genoux au bord de la rivière.

002site.jpg

  

Anne Hillebrand avait conduit dans un premier temps des visiteurs désirant retrouver leur âme d'enfant et se laisser émouvoir par les merveilles de la nature : une feuille au fil de l'eau, des rides d'eau venant mourir doucement sur la berge ...il suffit parfois de s'arrêter et de contempler ce que la nature nous offre !

photo de Bertrand Louvet Navacelles-16-08-08 020bis.jpg

Anne Hillebrand avait proposé :

"Chacun sera invité  à donner libre  cours à une écriture personnelle dans le lit de la rivière, une petite  phrase, éphémère, qui dialoguera un instant avec le discours de  l'eau."

Navacelles-16-08-08 007.jpg
Navacelles-16-08-08 010.jpg
063web.jpg

17.08.2008

Téo Libardo

De beaux textes, de belles mélodies, et une belle voix...! Téo Libardo a conqui son public. 

Ce concert était donné à Navacelles, au terme de la journée Land Art.

Dans le cadre de l'exposition Méandres où Téo Libardo exposait ses toiles ...Un artiste complet !  003recweb.jpg

vous pouvez retrouver ses chansons sur  http://teolibardo.musicblog.fr/2/    ou vous procurer son cd.

15 Téo Libardo B.jpg

08.01.2008

Chemins de pierres

Elle aimait ce lieu. Depuis toujours. Ou bien était-ce ce lieu qui l’aimait . Et l’invitait régulièrement.   Depuis toujours  elle allait sur ces mêmes chemins d’un pas égal. D’un pas à l’autre. D'une image à l'autre. Et à chaque fois renouvelée.

Elle marchait. De longues heures. Elle voyait changer la lumière. Elle aimait cette lumière si particulière, filtrée dans les feuillages des grands arbres au bord de l’eau, ou rasante sur le rocher. Elle connaissait la lumière à chaque saison, à chaque moment du jour. Elle était fascinée aussi par la nuit sous un ciel noir profond, ou encore par la lumière étrange d’une nuit de pleine lune, réveillant les ombres plus noires, plus mystérieuses.

Elle regardait tout. Elle écoutait tout. Elle se laissait submerger par les sensations. Elle devenait tour à tour, feuille, papillon, oiseau et s’envolait vers on ne sait quelle destinée. Elle devenait écorce, terre, eau et même pierre. Elle était fascinée par tant de couleurs. Tant de matières. Elle se perdait parfois dans la profusion de formes et de couleurs.

Elle écoutait tout. Elle se perdait aussi dans la profusion de sons . Le vent dans les herbes et les feuillages qu’elle écoutait en fermant les yeux. L’eau de la rivière près de laquelle elle s’arrêtait toujours. Le chant des oiseaux qu’elle avait appris à reconnaître. Et le son clair des pierres sous ses pas.

Elle avait souvent marché ainsi. D’un pas à l’autre. D'une image à l'autre. Laissant son regard vagabonder.  Elle aimait se perdre dans la profusion de sensations.

Elle allait . D’un pas à l’autre. Elle marchait de longues heures sur ces chemins de pierres. A chaque fois     renouvelée.

Extrait de « Le temps d’une vie » de Joëlle JOURDAN

123cd411dce4e34fa757677611d9b47e.jpg

15.09.2007

L'eau et les rêves

couleurs dans la transparence de l'eau....et textes de Gaston BACHELARD

"Tous ces reflets et ces images de la profondeur le [nous] mettent sur la route des images, parce que de ce mariage du ciel et de l'eau profonde naissent des métaphores à la fois infinies et précises"

0d32fec2790b7d3d2d1f045d6e89638e.jpg

"Pourrait-on vraiment décrire un passé sans des images de la profondeur ? Et aurait-on jamais une image de la profondeur pleine si l'on n'avait pas médité au bord d'une eau profonde ?

11ff5140bc32537ebc8fdc54c5577a00.jpg
"Le passé de notre âme est une eau profonde."
4e2c6d84f95da39be806511167dd7dd7.jpg
"Et puis, quand on a vu tous les reflets, soudain on regarde l'eau elle-même; on croit alors la surprendre en train de fabriquer de la beauté; on s'aperçoit qu'elle est belle en son volume, d'une beauté interne, d'une beauté active."
1ca2751cc60380a60fd17f161facdcc0.jpg

25.08.2007

extrait de ...

Extrait de "L'epuisement" de Christian BOBIN

...La lumière verte d'un arbre et l'ondulation de son feuillage se reflètent en sa surface. Je pourrais demeurer des heures dans la contemplation d'une telle image. Assis à un angle de la pièce, je vois l'arbre réel au travers d'une fenêtre et le même arbre dans l'étroit réceptacle du miroir. Cette seconde vue est celle qui me réjouit le plus comme si rien n'avait lieu qu'à la condition d'avoir lieu deux fois : une première fois dans le réel obscur et une seconde fois dans mon esprit. Comme si je ne pouvais rien voir de face, seulement de biais, dans les eaux d'un miroir ou sur les ondes d'une parole...

 

Extrait de "L'Embrasée" de Marie-Christine MASSET

L'exilée a perdu

un peu de terre

où se posaient

doucement

ses rêves.

 

Extrait de "Parole brûlée" de Marie-Christine MASSET

Tes mains au rivage

retirent l'ancre

le vent te pousse

vers le vent.

 

ed84d045d4e437671e57a84dd89facf6.jpg

 

 

Toutes les notes